Les étapes
Deux étapes, 2383 milles d’Atlantique.
Parcours
Port-Bourgenay → Lagos → Île d’Yeu
Deux étapes, un tour de Madère, 2 383 milles au total entre Vendée et Algarve. Du 19.08 au 13.09.2026.

Étape n°1
Port-Bourgenay → Lagos
La grande descente vers le Sud, où L’Aventura prend sa dimension océanique.
Dès la sortie de Port-Bourgenay, le bateau adopte le rythme du large. Puis, la côte s’efface, les repères disparaissent, et très vite ne reste qu’un souffle : celui du vent qui ouvre la route du Sud.
Le golfe de Gascogne impose rapidement son tempo. Les vagues croisées, les vents d’ouest, les premières manœuvres nocturnes. Le corps proteste, puis s’adapte. À bord, on trouve son rythme. Chaque quart de nuit devient un rituel : la lumière rouge dans le cockpit, le souffle du spi, la mer noire qui défile.
Au large du Cap Finisterre, tout s’accélère. Le vent se renforce, la mer se creuse, les voiles claquent. C’est un passage mythique, celui où l’on sent que l’on quitte vraiment l’Europe du Nord pour entrer dans un autre monde.
Puis, presque d’un coup, la mer change de couleur. Les alizés portugais s’installent, réguliers, puissants, porteurs. Le bateau s’élance. Il ne tape plus : il glisse.
Sur la gauche de la route, la silhouette de Madère apparaît, posée au milieu de l’Atlantique comme un mirage. Un instant suspendu, presque solennel.
Quand les falaises dorées de l’Algarve apparaissent, c’est un émerveillement. Après 1600 milles, l’arrivée à Lagos ressemble à une première victoire.

Étape n°2
Lagos → Île d’Yeu
Le retour vers la maison, porté par les alizés et la lumière argentée.
Lagos s’éloigne dans le sillage, baignée de cette lumière dorée qui semble ne jamais finir. Le bateau quitte l’Algarve comme on ferme une parenthèse chaude et lumineuse, et très vite, le large reprend ses droits.
Dès les premières heures, les alizés sont encore là, fidèles, réguliers. Le bateau file, presque sans effort. La mer est plus longue, plus douce, presque hypnotique — cette sensation de glisse pure, celle qui donne l’impression de voler au-dessus de l’eau.
En remontant vers le nord, la lumière change. Le bleu profond du sud laisse place à des nuances plus argentées. Une navigation plus tactique, plus fine, où chaque réglage compte. Les nuits sont plus fraîches, plus claires.
Puis, un matin, une silhouette apparaît. D’abord une ombre, puis une ligne, puis une île : Yeu. Un rocher posé au milieu de l’Atlantique, un phare émotionnel pour tous ceux qui naviguent sur cette côte.
Après près de 800 milles, c’est un mélange de fierté, de soulagement, d’excitation. On ne touche pas seulement une île : on touche la fin d’une boucle, la confirmation que L’Aventura est bien plus qu’un trajet — c’est une histoire qui se construit, étape après étape.

